COÏNCIDENCE II "Là où l'on demeure" de Martine HOYAS

Du 04/09/2026 au 03/10/2026

Née en 1964 à Maubeuge dans le Nord (59), Martine Hoyas entre aux Beaux-Arts de Valenciennes à 17 ans et obtient le diplôme Nationale Supérieur d’Expression Plastique en 1987. Elle a enseigné les arts plastiques et les arts appliqués de 1989 à 2012. Depuis 1991, elle réside à Niort, où elle poursuit son travail plastique, cristallisant dans la matière l’existence qui s’écoule avec des résidus de papiers-peints qu’elle extirpe des maisons abandonnées du nord de la France. 

La mémoire pousse les portes de l'oublie. Le souci de sauvegarder la notion du temps qui passe est au centre de l'engagement pictural de Martine Hoyas. Elle extirpe des résidus de papiers peints de maisons abandonnées, puis recrée les propriétés d'un mur. Ces témoins historiques et sociaux de l'intimité des êtres sont comme des lambeaux d'épiderme sur le corps rongé de la toile, les indices d'un passage et les derniers résidus de l'abandon, une mémoire qui pousse les portes de l'oubli pour nous ramener à la brièveté de la vie.

Le corps du tableau expose ses cicatrices, les plaies du temps qui se creusent, afin de trouver ses origines l'origine du corps et de sa naissance.

Ce travail devient une chaîne de transmission sans fin où le réel de ses toiles n’est plus qu’un accident déjà conjuré par la mise en scène de son souvenir.

Rien ne s’éteint, tout se transforme. "Depuis plus de trente cinq ans, Martine Hoyas poursuit une itinérance artistique qui la mène d’un territoire à l’autre, alors que l’assise de son travail reste le même : le papier peint décollé dans des maisons abandonnées. Partant d’une recherche purement formelle inspirée du mouvement Support/Surface, elle découvre progressivement que ce matériau récupéré chez d’autres, des absents, parle de ses couches intimes. Ces morceaux qu’elle retire au mur comme des peaux au scalpel, témoignent de son obsession de la « réalité concrète » qu’elle veut rendre directement sur toile, sans passer par l’illusion ou la figuration picturale. Mais des failles fissurent ce rejet de l’illusion : cette dernière s’immisce poétiquement dans ce palimpseste plastique, pour fuir tout systématisme.”  écrit, la plasticienne et enseignante à l'université Paris 8, Hélène Singer